On se demande.

08 mars. Journée internationale des Droits des femmes.

On sursaute à l’idée que telle “initiative” puisse être encore à l’ordre du jour, tant il est vrai que ce qu’attendent les femmes (la plupart d’entre elles en tous cas), ce n’est pas un 8 mars une fois par an,
mais une véritable révolution sociétale qui les propulserait enfin à la place qui leur revient :
l’égale (à tout le moins) de l’homme.

Force est de constater aujourd’hui que la ronronnante Journée internationale des droits des femmes
ne fait rien d’autre que convaincre, au travers d’un cynique petit marketing de connivence,
les hommes de leur soi-disant supériorité.

On ne reviendra pas ici – par souci d’éviter les vaines arguties, les ratiocinations oiseuses – sur les thèmes qui seront évoqués en boucle aujourd’hui. On les connait et, s’ils sont totalement justifiés, il conviendrait qu’ils ne posent plus problème : qui donc niera le droit aux femmes d’être, à travail égal, rémunérées au même niveau que les hommes ?
Mais la conscience qu’on en a ne convainc pas une société résolument acquise à la cause du mâle dominant (sa violence, et la peur qu’elle suscite, y serait-elle pour quelque chose ?).
Les exemples de faux débats ne manqueront pas. Ils ne sont pas ici le sujet.

Il y a, par ailleurs, çà et là, quelques surréalistes luttes sémantiques qui masquent bien des désarrois
mais n’y apportent pas de solutions.
Et quand Patrimoine sera devenu Matrimoine (c’est un exemple !), ne nous leurrons pas, on n’aura bouleversé rien de la masculine domination. Elle est ailleurs que dans le choix des mots, même si elle y est aussi. On aura tout au plus ajouté un peu d’ironie et d’amertume à un combat qui mérite mieux que des effets de communication. Et la binarité homme/femme qu’on impose au débat débouche sur mille idiotes solutions qui consistent, pour la plupart, au ne pas vivre ensemble… Les endroits réservés aux femmes (comme s’ils n’existaient pas depuis longtemps déjà !) font florès, quand ils ne deviennent pas interdits aux hommes.
Et inversement.
L’homme et la femme ne parviendraient-ils à se concevoir (dans tous les sens du terme) que dans l’exclusion “l’un.e de l’autre”. (Surgit ici le fantôme lacanien du “Il n’y a pas de rapport sexuel”…)

Alors ? Pas de Journée internationale de la femme ?
Pas sûr.

Elle aura sans doute le mérite de mettre sous les projecteurs – une fois encore, mais avec quels résultats ? – les désastres des violences faites aux femmes.
(Le travail proposé depuis des mois par le quotidien Libération – à découvrir ici – est, à cet égard très éclairant).

Mais, au moment d’écrire ce billet qui n’a de prétention ni sociologique ni, plus simplement, journalistique, et qui n’est qu’une colère, on ne peut s’empêcher de réfléchir aux liens entre la volonté des hommes de soumettre la femme et sa récurrente violence.

Et si tout ne naissait que de ce rapport de force (au sens le plus animal) ?
On frémit ?
On frémit, oui.
D’autres se sont posés la question.

Il y aurait comme un continuum de violence qui expliquerait (sans les excuser !) à la fois les violences faites aux femmes et la volonté de certains hommes de dominer, quitte à détruire des ethnies, des populations entières.
Et on retrouverait serrés dans les griffes ceux et celles qui devraient l’être dans les bras. Les femmes. Les femmes et les enfants. Les femmes, les enfants et les civils de La Ghouta.

C’était mon dilemme au moment de commencer ce billet.
Parler des femmes ?
Parler des violences qui leur sont faites ?
Parler des hommes dont la violence semble, par-delà les cultures, les origines, faire continuum et dont les femmes sont souvent victimes ?

Les femmes.
Les civils.
Les enfants.
Victimes d’hommes en guerre.
Ç’aurait pu être le sujet de ce billet.

Là, je vous laisse une video réalisée par Amnesty.

Éclairante.

Mais, là aussi, il ne suffit pas d’être d’accord.

Il faut…

À bientôt ?