C’est en Place de Grêve.

Le peuple, le bon peuple, nourri de justice, de patriotisme (à moins que ce ne soit de vengeance exaltée et de haine) s’y précipite à l’aube au spectacle terrifiant des mises à mort des quelques-uns (des quelques trop) qu’un droit aveugle, sans humanité a condamnés à ne vivre plus.

La peine de mort, alors que devrait s’imposer la justice, fait régner la terreur.

C’est qu’on croit que faire peur empêchera les voleurs, les tueurs (parfois les penseurs), de voler, de tuer.
De penser.

C’est dans ces années-là.
Au dix-neuvième siècle, disons.
Et puis au vingtième, au vingt-et-unième.
Mais surtout depuis toujours,
partout où les hommes ont confondu vengeance et justice. Ou suprématie et justice.
Mais ça pourrait être aujourd’hui, puisque c’est encore aujourd’hui.
Plus là sans doute, (mais la tentation régulièrement reprend les bouchers de se faire justice),
plus en Place de Grève, mais ailleurs.
Ailleurs où c’est encore possible. Ailleurs où c’est la loi (Et ça change si vite et si souvent, la loi…)

Cet ailleurs-là – serait-il réduit à un pays, à une ville, à un village, à un pâté de maisons – il faudrait toujours le combattre, lui faire savoir que la vie a un droit imprescriptible sur la mort.

La Place de Grève, c’est aujourd’hui très majoritairement en Arabie Saoudite, en Chine, au Japon, en Iran ou aux États-Unis qu’elle vit ses (derniers ?) beaux jours.

On n’y demande plus au peuple de venir hurler sa vindicte, de hurler sa haine au moment où le condamné grimpe sur l’échafaud afin de s’y faire qui pendre, qui rouer de coups à mort, qui écarteler, qui définitivement charcuter par une guillotine lame.

Joie ! Le peuple peut aujourd’hui rester chez lui, chez sa télévision et y apprendre la mort – ici par pendaison, là par injection, ailleurs par décapitation, par lapidation où par quelque autre moyen toujours sordide – de celui-ci, de celui-là qui a, aurait ou n’aurait pas fait ou commis ceci ou cela..

On s’améliore, non ?

Badinter, bien sûr, nous a débarrassés de cette part de barbarie que s’offrait encore la justice avant lui.
Mais le loup de la mort donnée en toute légitimité n’est pas tout à fait mort pour autant.
L’homme, qui n’est pas un ange, retrouve ses crocs dès qu’il a faim de ses voisins.
Certains, même ici, en Europe, en agitent encore le fléau.
Faire peur a encore de beaux jours à vivre.

Sur la peine de mort, nos amis d’Amnesty ont produit et diffusent ce petit film dont il n’est pas idiot de rappeler l’existence.

(votre connexion est lente ? Un peu de patience…)

La peine de mort nous avait déjà à plusieurs reprises inspirés pour notre TamTam.
Découvrez-en les occurrences en cliquant sur les visuels leur correspondant.

Décembre 2007 :


Avril 2012 :


À bientôt ?