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Doutes, palabres et réflexions

Au fil du temps…

Ressentis, engagements, appropriations, révoltes, doutes, certitudes, réflexions… Un peu de littérature aussi, de philosophie s’il se peut, de poésie. Et de musique, on en a tellement besoin !
C’est dans cette approximative petite lucarne que verront périodiquement le jour, à l’avenir, en sus de mes humeurs pas toujours égales, les nouvelles éditions de TamTam dont il vous est déjà loisible de consulter les archives en cliquant ici

Belle découverte à vous !

Dress Code

Et ceci ?, Révoltes Posted on 24 novembre 2020 13 h 48 min


Étrangement déguisés,
ces hommes qui ont
– comme il nous est dit –
pour mission de nous protéger, non ?

Lors d’une manifestation des gilets jaunes, dans le quartier de La Défense, le 8 avril 2019. Photo Émilie Royer


La question qui se pose,
c’est pourquoi vouloir obliger les rédactions des quelques journaux
qui tentent encore de nous informer
de flouter les visages de ces tendres gardiens de nos tranquillités ?

Pour ne pas qu’on les reconnaisse ?
Ils ne sont pas encore assez anonymes,
assez méconnaissables ?

On rêve !
Et puis, pourquoi ne reconnaîtrait-on pas nos héroïques bienfaiteurs
à l’heure où on aimerait tant les remercier ?

Mystère.
Ou alors je n’ai pas très bien compris…



Des bouteilles à la mer quand on craint qu’il n’y ait plus de mers…

Et ceci ?, Révoltes Posted on 3 novembre 2020 16 h 12 min

03 novembre 2020.
Élection présidentielle américaine.
Un espoir. Sans commentaire.
Le commentaire est dans l’espoir…

Mon amie Gaëlle, m’adresse ceci, reçu d’une autre,
qui l’a sans doute reçu d’une autre encore….
Sûr qu’on ne sera pas les seuls.
Mais ça fait du bien.
Sauf à imaginer le pire, demain.
Et puis après…

Nous verrons.





Mais d’où vient ce qui m’advient ?

Et ceci ? Posted on 13 septembre 2020 11 h 15 min

Quand Ferdinand Chabre, ce matin-là, était sorti de chez lui,
il ne faisait plus encore nuit ni déjà matin.
C’était à la fois comme un espoir d’en sortir
et un désir de s’en contenter.
Pas très clair, tout ça, s’était-il dit.
Brumeuse incertitude.

D’autant que s’il s’était, à cette heure matinale, difficilement levé,
c’est parce qu’il avait été convoqué.
Con-vo-qué.
C’est quoi, ce mot ? aurait pu s’exclamer Ferdinand Chabre.
Mais non, pas le genre.
On accepte. On baisse les yeux. Ce qu’il en reste.
Sans pour autant qu’il n’en reste rien, bien sûr.

Document officiel, sans âme, je ne vous apprends rien :
“masque obligatoire”.
Vous voyez le genre.
Je suis sûr que vous voyez.

C’était plutôt bien, s’était-il dit,
qu’enfin le masque fût ainsi avoué.
Ça faisait tant et tant de temps qu’il les percevait, les masques.
Il les voyait partout,
pas seulement dans les mondanités où depuis toujours ils vaquent obligés.
Partout.

En fait, les masques, jusque-là, avaient toujours couru masqués,
tant et si bien qu’on ne les voyait pas.
Et Ferdinand Chabre ne faisait jusque-là que les supposer.

Il fallait soudain les montrer, les afficher
et donc, les avouant, se désavouer.
Cachez ce sourire !
Cachez, ce désaveu, cette moue, cette grimace
que je ne saurais voir !

D’une certaine manière, c’était bien,
tous pouvaient sourire sans que ça se sache.
A contrario pleurer semblait toujours interdit,
et beaucoup plus visible.
On n’avait pas caché les yeux. Pas encore.
Le bonheur.
On n’aime tellement pas du tout voir pleurer le gens.
Ça nous ramène.

Tout avait changé; mais rien.

Ferdinand Chabre ne doutait pas de la nécessité du masque;
une sorte de peste avait envahi la ville.
Simplement, il était très surpris des mots que les autorités avaient choisis
pour en justifier l’obligation.
Protégez-vous, vous protégerez les autres”, le laissait pantois.
Les autres.
C’était bien la première fois qu’on nous suggérait d’y penser.
Pourquoi pas solidarité, tant qu’ils y étaient ?

Bon, c’est pas tout ça,
Ferdinand Chabre avait été convoqué.
Masqué. Ça lui avait été intimé.
Et, à cette convocation-là il se rendait.

Réunion de fantômes avertis.
Pas si rares qu’on aimerait, les affidés du Pouvoir et de la Peur.

Examen, test.
Puis, trois jours.

Vous êtes positif”.

Vous vivez seul ?
Vous avez vu qui ?
Longtemps ?
Combien de temps ?
Vous pouvez ne pas répondre,
mais si on veut savoir, c’est pour le bien des autres.
Vous comprenez ?

Les autres, encore une fois.

Silence.

Positif, donc.
À cette nouvelle peste qui si souvent,
à travers vous et vos imprudences,
gâche la vie des autres.

Ferdinand, aujourd’hui, est un de ces autres.
Ça lui est dit.
Si tout le monde, Monsieur Chabre, était comme vous, obéissant,
vous n’en seriez pas là.

L’enfer, vous voyez, c’est les autres, ceux sans masque.
Tôt ou tard ils seront démasqués

et auront à le regretter.

Les autres sont vite devenus à la fois ceux qu’il faut protéger de soi
et ceux dont nous devons nous protéger.
Vertige.

Vertige, se dit Ferdinand Chabre
en même temps qu’il se pose une question :
Qui ?
Pas pour répondre à la question posée par les autorités, non.
Pour répondre à la question qu’il se pose, lui à lui :

Par qui donc ai-je,
dans mon sommeil sans doute (sinon où ? je ne vais jamais nulle part, ne croise presque personne) –
pu être ainsi empoisonné ?


Comme une femme qui découvre au réveil
qu’elle a été durant la nuit
violée.
Par qui ? Comment ? Pourquoi ?”
Et “De qui dois-je à partir d’aujourd’hui me méfier ?

Ferdinand Chabre sait que ce n’est pas pareil, bien sûr.

Mais l’incertitude ?

Et il découvre que
à l’intérieur de lui,
naît, en même temps qu’une méfiance,
une honte.

Mais de quoi ?

De quoi ?



Pour que le soleil de l’été nous fasse un peu moins d’ombre

Et ceci ?, Partages Posted on 28 juillet 2020 19 h 43 min

Est-ce le soleil qui traditionnellement nous suggère un triste farniente ?
Seraient-ce les fatigues, les habitudes prises d’entrevoir juillet puis août
comme autant d’indolences, d’alanguissements, d’assoupissements ?
Allez savoir, mais on s’en fout !

Il me vient aujourd’hui, allez savoir pourquoi,
l’envie de partager avec vous un texte vieux de 85 ans.

Je dis « un texte », mais ce n’est pas d’un texte qu’il s’agit,
c’est un cri, une colère ;
une colère qui n’oublie en rien le déploiement de sa propre logique,
celle d’un homme qui a choisi d’aller au bout de sa douleur.
Difficile d’y résister.
D’autant qu’il nous force à réfléchir à nos propres réticences,
à nos propres refus des différences ;
d’autant qu’il nous apprend à hurler
avec la douleur qui est la sienne
mais dont on sait à l’instant même de ce hurlement
qu’il est avant tout le nôtre.
Et qu’on n’a dès lors pas à le singer.
Inconnu.
Jusqu’alors insenti, si j’ose dire ça comme ça.

C’est au prix souvent d’un regard dans le rétroviseur
qu’on prend la mesure de nos très relatives modernités.

Le contexte.
On est en 1935.
Un homme n’en finit pas.

Antonin Artaud,
poète, écrivain, comédien, metteur en scène,
théoricien du théâtre, dessinateur de génie
(son autoportrait ci-dessous s’en veut témoin)
volontiers peintre aussi, philosophe à rebrousse-poil,
pousseur de cris qui en valent la peine…
mais ne sont jamais entendus,
Antonin Artaud, oui,
qui n’en finit pas, n’en a jamais fini
de hurler que la vie est oblique,
et que nous ne faisons qu’obéir aux Totems
qui nous massacrent.
Ah nom de dieu !

Alors, ce texte que je vous promets,
alors, cette désespérance bouffée de la hargne
qui refuse d’obéir
à ceci, à cela, à n’importe quoi,
le voici,
le voilà.

C’est une lettre.
Elle est adressée « aux médecins-chefs des asiles de fous ».

C’est donc en 1935.
Il faudrait savoir. Mais les hurlements n’ont pas d’histoire.
On en parlera ?

Interné de force, Artaud écrit, hurle, cette lettre.

On réfléchit, on tremble.
Voilà :


Messieurs,

Les lois, la coutume vous concèdent le droit de mesurer l’esprit. Cette juridiction souveraine, redoutable, c’est avec votre entendement que vous l’exercez. laissez-nous rire. La crédulité des peuples civilisés, des savants, des gouvernements pare la psychiatrie d’on ne sait quelles lumières surnaturelles. Le procès de votre profession est jugé d’avance. Nous n’entendons pas discuter ici la valeur de votre science, ni l’existence douteuse des maladies mentales. Mais, pour cent pathogénies prétentieuses où se déchaîne la confusion de la matière et de l’esprit, pour cent classifications dont les plus vagues sont encore les plus utilisables, combien de tentatives nobles pour approcher le monde cérébral où vivent tant de vos prisonniers ? Combien êtes-vous par exemple, pour qui le rêve du dément précoce, les images dont il est la proie sont autre chose qu’une salade de mots ?

Antonin Artaud – Autoportrait – 1946


Nous ne nous étonnons pas de vous trouver inférieurs à une tâche pour laquelle il n’y a que peu de prédestinés. Mais nous nous élevons contre le droit attribué à des hommes, bornés ou non, de sanctionner par l’incarcération perpétuelle leurs investigations dans le domaine de l’esprit.

Et quelle incarcération ! On sait – on ne sait pas assez- que les asiles, loin d’être des asiles, sont d’effroyables geôles, où les détenus fournissent une main-d’œuvre gratuite et commode, où les sévices sont la règle, et cela est toléré par vous. L’asile d’aliénés, sous le couvert de la justice, est comparable à la caserne, à la prison, au bagne.

Nous ne soulèverons pas ici la question des internements arbitraires, pour vous éviter la peine de dénégations faciles. Nous affirmons qu’un grand nombre de vos pensionnaires, parfaitement fous selon la définition officielle, sont eux aussi, arbitrairement internés. Nous n’admettons pas qu’on entrave le libre développement d’un délire, aussi légitime, aussi logique que toute autre succession d’idées ou d’actes humains. La répression des réactions antisociales est aussi chimérique qu’inacceptable en son principe. Tous les actes individuels sont antisociaux. Les fous sont les victimes individuelles par excellence de la dictature sociale ; au nom de cette individualité qui est le propre de l’homme, nous réclamons qu’on libère ces forçats de la sensibilité puisque aussi bien il n’est pas au pouvoir des lois d’enfermer tous les hommes qui pensent et agissent.

Sans insister sur le caractère parfaitement génial des manifestations de certains fous, dans la mesure où nous sommes aptes à les apprécier, nous affirmons la légitimité absolue de leur conception de la réalité, et de tous les actes qui en découlent.

Puissiez-vous vous en souvenir demain matin à l’heure de la visite, quand vous tenterez sans lexique de converser avec ces hommes sur lesquels, reconnaissez-le, vous n’avez d’avantage que celui de la force.



À bientôt ?


PS.: cette lettre mériterait bien plus de folie que là.
J’y arriverai peut-être. Un jour. On verra.



Sans commentaire ? Vraiment ?

Et ceci ? Posted on 2 juillet 2020 17 h 05 min

Sans commentaire, oui.
Simplement, le souhait,
au travers de ce reggae qui date de 2007,
de remettre au cœur de nos préoccupations
la situation des migrants
que le coronavirus a eu, semble-t-il,
le triste talent d’effacer des unes des journaux.

C’était en 2007, donc.
C’était Tiken Jah Fakoly.


À bientôt ?



Abandon vs utopie ?

Et ceci ?, Partages Posted on 9 mai 2020 11 h 15 min

Il y a eu, ces dernières semaines, cette espèce d’espoir.

Il se disait que quelque chose serait, au sortir de cette sanitaire crise,
un peu moins pourri.
Il se disait que l’homme, les gouvernements, les systèmes
prendraient conscience
que l’homme ne pourrait plus grandir avec ces gouvernements-là,
avec ces systèmes-là.
Et, peu ou prou, on en arrivait à se dire
qu’il y aurait un mieux après le désastre
(qui, en tous cas, nous fut présenté comme tel…)

Du moins l’espérait-on.

Les annonces présidentielles, ministérielles, gouvernementales semblaient évoquer,
au travers d’aveux certes un peu masqués,
qu’il nous faudrait à l’avenir “reconsidérer”
l’importance de l’humain dans notre si belle société,
lui redonner une place qu’il avait perdue,
ou, plus exactement,
qu’une organisation sociétale basée exclusivement sur la finance,
lui avait déniée…

On tiendrait compte,
était-il clamé, dans un mea culpa déguisé en prise de conscience,
du fait que « tout ne saurait être soumis aux lois de la finance« .
C’était une erreur, nous était-il dit, de penser que le service public
pouvait se gérer, comme une entreprise,
qu’il se devait, lui aussi, d’être soumis aux lois de la rentabilité.

Bien !
On pouvait donc espérer qu’un peu de bien surgirait de tant de mal.
On a tellement envie de croire à ces choses-là.

Mais d’où vient, à deux jours du déconfinement, que cet espoir nous semble
de plus en plus un leurre ?
Peut-être les circonstances, inconnues jusqu’alors de chacun d’entre nous
– je veux parler
de notre assignation à résidence,
de cette liberté surveillée à laquelle nous avons dû nous soumettre –
nous avaient-elles brouillé un peu l’esprit et, partant, notre sens critique.
Tout était si nouveau.
Une nouvelle solidarité semblait soudain unir un certain nombre d’entre nous.
Mais surtout, l’ennemi que nous devions affronter était, croyions-nous,
le même pour tous.
Nous en voulions pour preuve que son nom était sur toutes les lèvres,
des nantis comme des plus pauvres,
des intellectuels comme des plombiers zingueurs,
des blancs bourgeois comme des rappeurs,…
et il rejetait en seconde zone, pour cause d’urgence, les injustices et le mépris
d’un gouvernement qu’une frange d’entre nous combattait jusque-là.

Préoccupés par notre santé,
nous avions besoin de croire en des lendemains plus vertueux,
et c’était rassurant d’y croire.
En fait, pris de peur, nous ne faisions que baisser la garde.
Un ennemi chassait l’autre. Tout simplement.
Ou l’occultait momentanément.

Mais le temps confiné s’est fait long.
Et lentement nous avons repris nos esprits.
Nous avons changé de grille de lecture.

Et nous avons, en plus du virus,
retrouvé l’initial ennemi, les glaçants marionettistes qui nous gouvernent,
repris conscience de l’autoritarisme
d’un pouvoir qui, s’il prenait volontiers un visage plus humain,
le faisait pour cacher toujours la même grimace,
celle des experts financiers, des cyniques, des méprisants,
des « au-dessus des lois”,
des menteurs professionnels…

Il va falloir rester vigilants,
Ne pas accepter que les privations de liberté se retrouvent gravées
dans le marbre d’une Constitution à notre insu détricotée.
Vaste programme. Obligatoire cependant.

J’en reste là, pour aujourd’hui.

Mais je relaie ici cette vidéo.
Elle complète – et de quelle manière ! – l’âme de mon propos.



À bientôt !



Éloge du doute

Et ceci ?, Révoltes Posted on 26 février 2020 12 h 28 min


Il y a cette nécessaire possibilité du doute qui aujourd’hui
– quand bien même on en entreverrait encore la saine nécessité –
se débine.

C’est que, dans ce qu’on nous présente comme le nouveau monde,
les certitudes sont dogmatiques,
et elles seules doivent, semblerait-il, nous guider.
Une nouvelle irréfutable bible, une monarchique liturgie,
des vérités de classe nous sont non pas proposées mais assénées
avec ordre de ne pas en sortir.
Pas une dictature bien sûr, mais une évidente propension à un autoritarisme
qui pourrait s’en révéler l’antichambre.

Il y a dans l’air du temps comme une obligatoire acceptation
de ce qui nous est imposé.

Les idées ont oublié d’en être et sont devenues des faits
qu’on veut déterminés, indiscutables, irrévocables.
Quitte à tordre le cou à la plus élémentaire des analyses,
elles cessent d’être des projections, ne sont plus des sujets de réflexion.
Elles ne se présentent plus que comme d’indéfectibles vérités.
Inutile de vouloir les jauger, en discuter.
Elle sont le fait du Prince et de sa servile cour d’ânonnants
chargés de nous dire et répéter où est dans le bien le mal
et où, par-dessus tout, dans le mal le bien.
Et nous voilà réduits (voudraient-ils) à ce triste catéchisme
de savoir sans renâcler ce qui, selon que le grand maître,
et les petits qui le suivent, sera bon ou mauvais pour nous,
avec pour critères qui décideront de ce bien-être
les ceci leur feraient du bien et les cela du mal.

Aux caniveaux, les questionnements, les interrogations.
Trêve de ces philosophies qui préféreraient aux réponses les questions.

Et si un doute nous vient, immédiatement le voilà suspect.

Parce que la tendance du jour est à la certitude.
Et que celle-ci ne peut nous être inoculée que par les néolibérales contraintes.

Ainsi nous est-il prétendu, contre vents et marées,
que seule une consommation toujours plus gourmande
pourra venir à bout de nos détresses…

On apprend aussi qu’acheter deux voitures sera toujours mieux
que n’en acheter qu’une;
le pire étant, pour sûr de n’en acheter pas.
Deux yaourts plutôt qu’un.
Un smartphone pour en remplacer un autre qui n’en a pas besoin…
Consommer.
Au détriment de la planète ?

Il se trouve qu’insidieusement ou, selon les cas,
avec de gros sabots,
il nous est suggéré que notre modèle
(celui auquel il est bon que nous nous pliions)
génère en lui toutes les vertus.
Et, par-dessus tout qu’il est le seul possible, le seul viable.
En douter serait une hérésie.
Une certitude en boucle assénée.

Et peu importe que ce modèle creuse chaque jour davantage
le fossé qui existe entre les plus riches et les plus pauvres,
puisque c’est au service des plus riches
que travaillent les gouvernements,
impatients que sont leurs dirigeants
de rejoindre leurs rangs.

S’assurer que les pauvres restent pauvres
(voire le deviennent plus encore),
c’est promettre aux très riches de le rester
(ou de le devenir encore plus)
afin, un jour, de pouvoir en rejoindre
la très sélective petite famille.
Au prix d’une définitive inhumanité.


À bientôt ?


Quelques lectures :

Sur le contrôle de nos vies – Noam Chomsky – Éditions Allia
Éloge de l’oisiveté – Bertrand Russell – Éditions Allia
Impliquons-nous (Dialogue pour le siècle) – E.Morin & M. Pistoletto – Actes Sud



Autruches, on triche !

Et ceci ?, Partages Posted on 11 janvier 2020 14 h 59 min

Franz Kafka, Georges Orwell, et quelques autres nous ont parlé de nous.

Amoureux de dénis en tous genres,
adoptant volontiers la posture des autruches,
nous nous sommes attachés à croire qu’ils parlaient des autres,
d’une autre société vers laquelle, certes, nous dérivions sans doute,
mais n’exagérons pas tout de même, nous disions-nous,
ce n’est pas pour demain.
On était sans doute sincères ce disant,
mais on craignait surtout qu’ils aient raison, Orwell, les quelques autres et Kafka…

On sait aujourd’hui que la société hyper formatée qu’ils nous promettaient,
était déjà sur les rails.
On constate depuis quelques années qu’elle est de fait déjà en place.

La démocratie n’est plus que l’obligation que nous avons tous d’obéir.
Tous, sauf ceux à qui nous devons obéir bien sûr.

Mais nous faisons mine, à tel point que nous en perdons la conscience.

Les lois ne sont plus que les reflets écrits des constats de nos soumissions,
puisque par avance nous nous plions
aux modes, aux humeurs, aux exigences d’un pouvoir
qui n’est plus même le pouvoir tel qu’on l’imaginait,
celui pour lequel ou contre lequel on votait, non.
Les lois sont des décrets programmatiques de nos futures grégarités
édictées par les grands papes de la finance et de la consommation.

On nous avait mis en garde
(Étienne de La Boétie, entre autre, dont j’ai souvent parlé ici sur ce modeste blog),
certains continuent de nous mettre en garde
(des philosophes, des sociologues surtout,
tels Edgar Morin, Alain Badiou, Noam Chomsky, Pierre Bourdieu,…).

Mais on voit bien que les GAFAM (Google, Amazone, Facebook, Apple, Microsoft) ont,
en même temps que l’intention, les moyens de nous “suggérer
de nouvelles servitudes auxquelles nous applaudirons.
Et ce, en l’absence de toute réaction qui ne soit pas veule
des politiques “démocratiquement élus” par nous.

Trop contents de faire partie du grand club des “gagnants”,
ils n’ont pas compris qu’ils sont eux-mêmes les serviles pièces
d’un grand puzzle, de l’immense inhumanité d’un monde
dont la grégarité est celle du profit :
le monde de la finance.

Pourquoi pas l’autruche après tout ? se disent-ils probablement.

On peut penser tout ça, y réfléchir.
Mais y réfléchir ne suffira pas.
Alors, quoi ?

Ceci, pour illustrer cela :

À bientôt ?



Ces mots qu’on utilise…

Et ceci ? Posted on 11 octobre 2019 16 h 54 min
Friedrich Nietzsche

Je me disais, à force de les entendre employés, de les voir écrits, de les utiliser parfois peut-être, que bien des mots cachent ce qu’ils ne s’avouent pas. Un peu comme la lumière qui, en photographie, peut se révéler noire. Étrange idée, se dit-on. On sait pourtant que nos idées même cachent des choses que nous n’avons pas toujours voulu y mettre. L’incompréhension, à laquelle – par faiblesse sans doute – si souvent on aspire est à ce prix. Qu’en est-il des zones sombres de certains mots (souvent devenus, dans le monde de la philosophie, des « concepts »), que cachent-ils, ces mots, de lumière ou d’inavouable ?

Petit début, aujourd’hui, d’une liste, égrenée au fil du temps, de mots chargés de nous faire réfléchir.

Aujourd’hui, éclairé par Friedrich Nietzsche* :


Fanatisme

Le fanatisme est l’unique force de volonté à laquelle puissent être amenés aussi les faibles et les incertains, en tant qu’il est une espèce d’hypnotisation de l’ensemble du système sensible intellectuel au profit de l’alimentation surabondante d’une unique manière de voir et de sentir qui domine désormais. Le chrétien l’appelle sa foi. Là où un homme parvient à la conviction fondamentale qu’on doit lui commander, il devient croyant. À l’inverse, on pourrait penser un plaisir et une force de l’autodétermination et une liberté de la volonté par lesquels un esprit congédie toute croyance, tout désir de certitude, entraîné qu’il est à se tenir sur des cordes et des possibilités légères et même à danser jusque sur les bords des abîmes. Un tel esprit serait l’esprit libre par excellence.


* In Le gai savoir (Die fröhliche Wissenschaft, la gaya scienza) (1882)


À bientôt ? Sans doute.