Blog Image

Doutes, palabres et réflexions

Au fil du temps…

Ressentis, engagements, appropriations, révoltes, doutes, certitudes, réflexions… Un peu de littérature aussi, de philosophie s’il se peut, de poésie. Et de musique, on en a tellement besoin !
C’est dans cette approximative petite lucarne que verront périodiquement le jour, à l’avenir, en sus de mes humeurs pas toujours égales, les nouvelles éditions de TamTam dont il vous est déjà loisible de consulter les archives en cliquant ici

Belle découverte à vous !

Ailleurs qu’au pied du grand arbre…

Amis, confluences… Posted on 5 juin 2020 11 h 41 min

J’ai déjà, à plusieurs reprises, relayé sur ce blog
certaines interventions, certains travaux
de mon amie Gaëlle Boissonnard,
qui dans le domaine de l’illustration
qui dans ceux de la peinture,
la céramique, la sculpture, voire la couture.

Depuis quelques années, Gaëlle a entrepris
de proposer une nouvelle gamme de papeterie,
imprimée localement, aux finitions artisanales,
emballée et distribuée par ses soins à toute petite échelle.
Cela lui a permis, dit-elle, d’insuffler dans ses dessins
un air un peu plus libre, un peu plus léger.

Sous le nom de Gaëlle Boissonnard-Édition minuscule,
Gaëlle lance en production ces jours prochains,
une nouvelle collection de cartes qui s’appellera Et si la vie…
Elle y a travaillé en pensant aux valeurs qui lui importent.
Un profond besoin d’être reliée à son environnement naturel,
l’idée de faire avec peu et la joie d’inventer qui en découle
– à l’opposé de la consommation aveugle –,
celle de faire de chaque instant une fête…

Même d’ampleur volontairement modeste,
ce projet, on s’en doute, suppose un investissement
que la conjoncture (comme disent les sans-âmes financiers)
n’encourage pas. C’est le moins qu’on puisse dire.

Gaëlle a décidé dès lors de faire appel au financement participatif.
Un financement dont elle a illustré les contours

…en oubliant d’y inclure le poste sans lequel rien ne se peut :
la Création, son métier.
Excès de modestie ? Syndrome freudien ?
Nul ne sait.
Pas même, sans doute, elle-même.

Pour découvrir sa campagne de financement,
cliquez sur le visuel ci-dessus.

Et si vous pouvez l’encourager…



À l’heure où bêlent les moutons…

Amis, confluences…, Partages Posted on 27 mars 2020 10 h 34 min

Mais qui sommes-nous ?
Ou plutôt : que sommes-nous ?
Ou : que sommes-nous devenus ?




Illustration : Roland Topor


Ce soir, comme chaque soir depuis quelques jours
(depuis en fait le moment où les gens ont enfin pris conscience,
Covid 19 aidant, qu’ils en avaient grand besoin),
à vingt heures tapantes, les fenêtres s’ouvriront,
les balcons s’animeront,
il y aura des clameurs,
des clapings,
des chansons,
des déclarations d’amour.
Un artificiel barnum de bonnes intentions
adressé à ce qu’on appelle aujourd’hui,
dans un euphémisme désincarné,
le personnel soignant.

Parce qu’ils font ça maintenant, les gens.
Ils exorcisent leurs peurs en tapant dans les mains
pour dire merci à des gens pour lesquels,
il y a un mois encore,
ils n’adressaient qu’une indifférence à peine polie.

Il faut dire qu’ils ne savaient plus trop quoi en penser
avec toutes ces déclarations d’un gouvernement
qui ne faisait pas même mine de l’écouter
depuis des mois, depuis des années,
ce fameux personnel soignant.

Mais, depuis quelques jours donc,
depuis que ledit gouvernement les a confinés chacun chez soi
(je dis confinés, mais je pourrais tout aussi bien dire isolés, cloîtrés ou séquestrés),
depuis que, soudain, ledit gouvernement,
dans une funambulesque contorsion,
a déclaré sa flamme à tout ce qui porte blouse blanche,
depuis, surtout, que la peur les tenaille,
des hommes et des femmes disent, crient, chantent
merci ! à ce personnel soignant
dont ils craignent par-dessus tout d’en avoir très bientôt besoin.

Je ne dis pas que les soignants ne méritent pas ces applaudissements.
Je dis que cet élan est généré par la peur bien plus que par une réelle réflexion,
ou une réelle prise de conscience de leur importance.
Amour aussi soudain qu’intéressé donc.

On se rappelle la vague d’amour d’une même nature
dont furent l’objet les flics, ou tout ce qui y ressemblait,
aux lendemains du Bataclan.
Tous, comme par magie étaient devenus des héros.
Et, dans les rues, certains se sont pris à les embrasser !
Aujourd’hui,
tous ceux qui portent casque, casquette, matraque ou képi sont,
par les mêmes probablement, insultés quand ce n’est pas carrément caillassés.
On ne les a aimés que le temps de se rassurer,
que dans le but d’être protégés.
Amour qui ne se déclare que par besoin.

Loin de moi l’idée de mettre sur un pied d’égalité les flics et les infirmiers
– les uns trop souvent sont à l’origine des blessures soignées par les autres –
mais le soudain enthousiasme qu’ils ont pu susciter ou suscitent
me paraît un peu plus que suspect.

La reconnaissance du peuple a ses limites et, à peine née, elle songera bientôt à s’essouffler.
Le temps sans doute d’une épidémie.

Mais je bavarde.
J’avais commencé d’écrire ce billet pour introduire une tribune parue dans Libé, il y a une paire de jours.
Autrement plus documentée,
plus éloquente,
plus rageuse
que ces quelques mots que j’ai posés là.
Vitale pour tout dire.
Elle m’a été signalée par mon amie Gaëlle Boissonnard
dont j’ai déjà, ici même, relayé la délicatesse des travaux.

Merci de vous précipiter, de la lire
au départ de son blog
ou en cliquant ICI.



Antidote ?

Amis, confluences… Posted on 16 novembre 2019 9 h 08 min

J’évoque ici, sur ce blog, un peu plus que souvent,
des détresses, des révoltes, des noirceurs
auxquelles on ne trouve que rarement les moyens de s’opposer.
On cherche, on aimerait, mais.
Il y a comme une stérilité parfois à dire ces choses-là qui dérangent.
Plus encore quand on ne trouve pas le moindre outil pour les profaner
ou, mieux, pour les combattre.
On est hélas si souvent faits de ces impossibilités-là.

Quoi qu’on en veuille ou en décide,
les mots ne trouvent de réalité que dans les gestes des sincérités.
Les phrases ne suffisent pas, on s’en rend vite compte.
Elle ne sont le plus souvent qu’adressées à nous-mêmes,
sortes de grigris destinés à nous donner bonne conscience.

On ne sait trop où chercher les consolations dont on a tellement besoin.

On parle de tendresse, de regards, d’entraide, de solidarité.
Sans doute imagine-t-on possible d’inventer autre chose que la petite solitude du chacun pour soi.

Mais quoi ?

Mon amie, Gaëlle Boissonnard,
dont on connaît le travail ici, ailleurs et partout,
cherche dans le geste, dans la couleur
et dans ses profondes convictions,
les moyens de “faire autrement”.

Créer de la beauté n’est bien évidemment pas suffisant,
mais c’est pour elle un moyen (parmi de nombreux autres),
de tenter de peser sur le social, le politique, le sociologique.

Un moyen qu’elle met au centre de sa vie,
qui lui sert non pas de doctrine,
mais d’engagement, de sincérité;
j’ai envie de dire de philosophie.

Cet engagement, c’est au quotidien
– par le biais de sa peinture, de ses céramiques, bien sûr –
qu’elle veut le partager, mais pas seulement.

Elle le partage depuis quelque temps au cours de stages
qu’elle organise dans son atelier de Roche-la-Molère (Loire)
et au sein desquels elle veut transmettre
de ces choses qu’elle a apprises d’autres,
et de ses expériences.

Il est permis d’apprécier.

Vivre, peindre et s’engager.
Un choix.

Un antidote à la laideur ?

Allez-y voir ici

Et là…


Belle découverte à vous !



Un relais qui a son importance

Amis, confluences… Posted on 1 avril 2019 16 h 44 min

Il y a urgence, j’en suis persuadé (au-delà des plaisirs esthétiques – mais pas seulement, j’espère – d’un abécédaire iconoclaste), à relayer ce qui peut l’être d’engagement et de conscience.

Va-t-on continuer longtemps encore à ignorer cette partie de l’humanité qui se retrouve errante par ici, par là-bas, par ailleurs, mais surtout par les effets pervers de notre négligence ? Je veux parler là de ceux qu’on a vite fait d’appeler les Migrants parce que, sachant que les mots nous abritent, on fait mine de croire qu’ils les délivrent, ces hommes, ces femmes, ces enfants en profonde détresse…

J’ai beaucoup évoqué, ici, sur ce blog, cette détresse, cet immense malheur, auquel, par indifférence nous voulons croire que nous ne pouvons rien.

Gaëlle Boissonnard, sur son blog veut se faire l’écho, mieux sans doute que nous pourrions le faire, de sa révolte, de sa douleur face à ce qui a, au vingt et unième siècle, des relents de barbarie.

Allez-y donc y jeter un œil. C’est serein, c’est humain, c’est sans bêtise, c’est informé.

Dessin : “Errer” Gaëlle Boissonnard.

À tout bientôt ?

L’Abécédaire retrouvera ses couleurs tout bientôt avec la lettre “D” comme Diabolique.



Porteurs de mémoire

Amis, confluences… Posted on 8 octobre 2016 10 h 49 min

Que se passe-t-il ?

Qui sont-ils ?

Ils sont là, on les regarde, aimanté.

On se demande ce qu’ils ont à nous dire.

Sans vraiment comprendre, on sent qu’ils nous racontent à leur manière des histoires qui appartiennent
peut-être à tous, mais par-dessus tout à celle qui est allée puiser dans sa mémoire de quoi les inventer. Je devrais dire les créer. Parce que c’est de création qu’il s’agit; et de la vraiment très belle et infiniment touchante.


Gaëlle Boissonnard appelle ces mystérieux personnages qu’elle a créés des Porteurs de mémoire.
Elle aurait aussi bien pu dire Passeurs de mémoires. Ou Mages, ou Exorcistes.
Parce que, confusément, c’est à la magie que presque irrésistiblement on pense quand il s’agit d’en parler. Magie des matières, magie des inventions, magie de l’inconnu aussi, mais surtout poétique magie d’un résultat qui mêle puissance et fragilité, soleil radieux et lune glacée, richesse et pauvreté. Émotion.

Je n’ai pas, pour écrire ceci la légitimité (toute relative) des critiques, ni leurs qualifications.
Mais les coups de cœur, que je sache, pourvu qu’on les partage, appartiennent à tout le monde. Je me trompe ?

À voir jusqu’au 21 octobre
Galerie 7
Lyon

Plus d’infos, ici

À bientôt ?



Pudeur révoltée

Amis, confluences… Posted on 20 novembre 2015 16 h 28 min

Découvert ce matin sur le blog de Gaëlle Boissonnard ce dessin en hommage aux victimes du vendredi 13.

Un peu plus qu’un simple hommage, une réflexion suggérée, une humilité douloureusement blessée.

Gaëlle l’a posé dans la rubrique “silence” de son blog.

Respectons ce silence.

Le site de Gaëlle Boissonnard.